Le dernier front pour la protection de Mère Nature

Jair Bolsonaro, le tristement fameux président brésilien, a dit tout haut ce qu’une majorité de gouvernements ne souhaitait qu’avouer à voix basse : l’existence des peuples autochtones est un obstacle au développement (agro-industriel)

De la politique d’exclusion de la deuxième génération au Canada jusqu’à la série d’assassinats de chefs autochtones en Colombie, les exemples ne manquent pas et le constat est froid et accablant : les forces politico-financières veulent exploiter les territoires ancestraux et pour ce faire, les peuples autochtones et leurs “droits” doivent disparaître.

C’est un fait, l’existence des peuples autochtones contredit les fondations du mode de vie occidental. En effet, qu’a-t-on à gagner en octroyant un titre de propriété collective de milliers d’hectares de terres fertiles et regorgeant de ressources à des communautés d’une centaine ou d’un millier de personnes ? 

Rien, si nous regardons cela à travers le prisme du développement économique si cher à nos politiciens et aux leaders de notre monde. 

Tout, si, comme les millions qui se lèvent aujourd’hui pour demander une justice climatique, nous considérons que sans nature il n’y aura plus de vie, ou du moins, plus de raison de vivre.

La protection des droits autochtones et de leurs terres est étroitement liée à la lutte contre le changement climatique.

En effet, bien que leurs territoires ne recouvrent que 22% de la surface terrestre de notre planète, ils contiennent 80% de sa biodiversité. D’immenses forêts vierges regorgeantes d’espèces animales, végétales, terrestres, aquatiques, confinées dans un territoire qui rétrécit de jour en jour. Les peuples autochtones sont les gardiens de ces havres de biodiversité, les garants d’un mode de vie où l’humain vit en symbiose et non en confrontation avec son environnement. 

Et pourtant, à chaque sommet international sur le réchauffement climatique les peuples autochtones sont souvent oubliés. Invités à seul titre d’observateur des processus décisionnels dont ils seront les premiers à payer le prix. La Banque Mondiale, ironiquement, a clairement cerné le problème dans le seul titre de son travail de recherche intitulé : “Le rôle des peuples autochtones dans la conservation de la biodiversité : le partenaire naturel mais souvent oublié”

Une manière de souligner, une nouvelle fois, que le sacro-saint profit est toujours plus important que le bien-être de notre planète. Mais les choses ont changé, et aux impacts socio-économiques que notre mode de vie inflige au reste du monde est venue s’ajouter l’impact environnemental, et désormais on ne peut plus le nier, c’est notre affaire à tous. 

Le projet Montagne d’or en Guyane est venu rappeler le rôle prépondérant que joue et continuera de jouer les pays dits développés dans l’exploitation des ressources de notre monde et dans la destruction de sa biodiversité. 

Lorsqu’une dizaine de milliers de Wayuu dans la Guajira, Colombie, meurent suite au détournement du fleuve Ranchería par la mine de charbon el Cerrejon, ce sont nos pays qui tirent les ficelles. Un conglomérat occidental d’entreprises d’extraction minière qui envoie 50% du charbon produit en Europe et 37% aux Étas-unis, laissant derrière une sécheresse et une famine qui a causé la mort de 244 enfants entre 2012 et 2016 seulement

Leur combat est notre combat car leur terre est notre Terre. 

Récemment, le Brésil et la Colombie, respectivement premier et second pays contenant le plus de biodiversité, sont tombés entre les mains de gouvernements qui voient les peuples autochtones et leurs terres comme des commodités qu’il faut à tout prix exploiter. 

Jair Bolsonaro n’est plus à présenter, les menaces qu’il fait planer sur la forêt amazonienne ont reçu une attention mondiale. De son côté, Iván Duque, président de la Colombie, bénéficie d’une plus grande indulgence due à son appartenance à un parti traditionnel mais non moins dangereux. Un simple chiffre souligne ce constat, 63 leaders autochtones ont été assassinés depuis sa prise de pouvoir en août dernier, et bien qu’il serait hâtif d’en faire le principal fautif, le renforcement des groupes paramilitaires si chers à son mentor politique, l’ex président Alvaro Uribe, laisse présager un retour aux heures sombres. 

Qu’adviendra-t-il si ces deux gouvernements sont libres de détruire la biodiversité de leur pays comme ils entendent le faire ?

Les cinq prochaines années détermineront notre futur. Un arbre qui a mis une centaine d’années à grandir peut-être coupé en l’espace de quelques minutes, et la fin de leur mandat pourrait bien sonner le glas. 

Et pourtant, malgré que les chances leur soient défavorables, et que tout tende à dire que leurs actions seront inutiles, les peuples autochtones organisent leurs résistances, le dernier front pour la protection de Mère Nature. 

Mais ils ne sont pas seuls, un vent de changement souffle sur bon nombre de pays qui ont historiquement fait peser le fardeau de l’industrialisation sur le reste du monde. Un élan citoyen qui est symbolisé par l’Affaire du siècle en France ou encore par les campagnes d’Extinction Rebellion au Royame-uni. Un élan qui doit nous emmener à transcender nos frontières afin de porter, ensemble, la responsabilité de protéger la beauté du monde dans lequel on vit, et même d’assurer qu’il y aura encore un demain dans lequel vivre. 

Ainsi, et de la même manière que nous nous opposons au projet de la Montagne d’or, nous devons nous opposer aux multiples exploitations minières qui portent l’empreinte de nos pays. Si les forces politiques ne souhaitent pas inviter les peuples autochtones à leur table nous devons le faire, et inscrire leurs revendications dans nos agendas citoyens. Car finalement, peuples autochtones ou citoyens pour le climat nous sommes un, unis dans notre lutte contre un monde qui nous condamne à l’extinction. 

L’enjeu climatique est un enjeu global, et notre réponse doit être à cette hauteur. Le monde est globalisé on le sait, nous sommes interdépendants nous l’apprenons, il nous faut avancer unis, c’est la seule solution.

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