Multiplication des actions de résistance autochtone

L’actualité nous rappelle quotidiennement que les peuples autochtones sont en danger, que l’environnement dans lequel ils vivent est menacé, que les gouvernements ne prennent pas les mesures nécessaires pour les protéger et parfois même, contribuent directement à la destruction de leur habitat. C’est important mais il faut aussi nous montrer qu’il existe des manières de défendre les droits de ces peuples et que les actions en ce sens se multiplient aujourd’hui. De telles initiatives se développent de plus en plus dans divers endroits du monde. 

Vendredi dernier, à Washington, des milliers d’autochtones, activistes et citoyens américaines ont manifesté pour dénoncer les injustices auxquelles font face les peuples autochtones. Cet événement, le premier de cette ampleur aux Étas-Unis, a été organisé par l’Indigenous Peoples Movements un collectif citoyen international qui vise à unir les communautés autochtones du monde entier. 

En Novembre 2018, un collectif d’organisations autochtones oeuvrant pour la protection du bassin amazonien (COICA) a déposé une proposition lors de la 14ème Convention des Nations Unies sur la diversité biologique à Sharm El Sheikh en Egypte. Cette proposition est basée sur un constat simple : “près de 80% de la biodiversité mondiale se trouve sur les terres de peuples autochtones et la majorité des zones les plus riches en biodiversité sont également des terres autochtones.” Le but de cette proposition est de créer les conditions propices à un dialogue entre les peuples autochtones et les gouvernements de la région pour créer une “alliance” protectrice du bassin amazonien et par ricochet des peuples qui y vivent. 

L’élection de Jair Bolsonaro est certes susceptible de mettre à mal ce projet mais n’oublions pas que pour ouvrir la forêt amazonienne à l’agro-business, il lui faudra faire face à une opposition farouche de la communauté internationale. Les peuples autochtones ont des droits consacrés par des textes juridiques nationaux et internationaux et il ne pourra pas les enjamber sans conséquences. Le monde ne peut pas protéger la biodiversité sans le Brésil mais à l’inverse le Brésil ne pourra pas non plus détruire la biodiversité tout seul !

En Europe, le parlement européen à voté en Juillet 2018, l’adoption d’un rapport sur les violations des droits des peuples autochtones dans le monde actant ainsi l’absolue nécessité de garantir la pleine reconnaissance, la protection et la promotion des droits autochtones dans les décisions politiques qui les concernent. 

Il y a quelques semaines à peine, la France a été rappelé à l’ordre par le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unies pour non-respect des droits autochtones au regard du projet de mine d’or en Guyane française. Il s’agit d’un avis inédit dans lequel le Comité reproche notamment au gouvernement français de ne pas avoir consulté les communautés locales sur le projet. 

Un autre exemple est celui de notre partenaire : le Gobierno Mayor, une association colombienne qui travaille pour la défense des territoires autochtones et la préservation de leur identité. Ils ont pris part cette semaine à une réunion sur la “consulta previa” dans le cadre du processus de justice transitionnelle colombien. Cette consultation a abouti, le 19 janvier, à un protocole qui est le fruit d’un dialogue intergouvernemental et intercultural avec la participation pleine et entière de représentants de peuples autochtones colombiens. 

Ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres. Ils ont tous pour point commun le dialogue et l’union des forces pour atteindre un objectif commun : le respect des droits des peuples autochtones et la protection de l’environnement. Ces actions qui émanent de la société civile, d’associations, de grassroot movements mais aussi de forums internationaux, d’institutions politiques et d’organismes quasi-juridictionnels témoignent de l’engouement actuel autour de cette cause qu’il faut continuer de mettre en avant et de promouvoir. 

Il est vrai que les motifs du désespoir sont nombreux, mais les raisons de l’espoir le sont tout autant. Devant chaque nouvelle extraction minière se lèvent des centaines si ce n’est des milliers de personnes. Il serait bon de concentrer un peu de notre attention sur les actions qui visent à rendre notre monde meilleur, pour ainsi continuer à co-écrire une histoire collective qui se nomme “Espoir”.  

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