Prêt à mourir pour
notre terre

Depuis plus de deux semaines maintenant, les communautés autochtones et paysannes du sud-ouest de la Colombie se sont mobilisées pour réclamer des comptes à leur gouvernement. Une de leurs raisons : les nombreux assassinats de leurs leaders depuis l’élection du président Duque en août dernier. Tristement, pour avoir cherché la justice, neuf membres des communautés Nasa et Embera ont trouvé la mort le 21 mars 2019 à 14 heures. 

Une bombe a explosé, fauchant la vie de ces jeunes adultes, et désormais c’est un vent de douleur et de rage qui souffle sur les braises ardentes de la résistance. Tout un peuple est poussé à bout. 

C’est un nouvel exemple du simulacre que représente le processus de paix colombien. Depuis sa mise en place, non moins de 600 leaders sociaux ont été assassinés pour avoir défendu les droits de l’homme et protégé la biodiversité. Ici en Colombie, la paix est un mensonge servi sur un plateau à la communauté internationale afin d’attirer des investissements étrangers et développer un tourisme de masse. 

S’enrichir alors que le peuple en pâtit. Assassiner tout en recevant un prix Nobel de la paix. Forger des alliances qui assurent le silence. 

Ce n’est pas une surprise. Alors que les yeux sont rivés sur le Brésil et son président populiste, Jan Bolsonaro, la Colombie poursuit son oppression sanglante en toute impunité, usant de la violence pour libérer de vastes territoires regorgeant de ressources et préparant le terrain pour l’arrivée de multinationales étrangères qui enrichiront le pouvoir tout en creusant la tombe du peuple. 

Le président colombien, Iván Duque, est le fils politique d’Alvaro Uribe, président du début des années 2000, tristement connu pour ses liens étroits avec le paramilitarisme. Il a été le chef d’orchestre des “falsos positivos”, un procédé de justification de la guerre contre les guérillas communistes. Le mode d’opération : rassembler des jeunes colombiens orphelins, démunis ou simplement perdus, les tuer tout en leur mettant une arme dans la main afin de faire monter les statistiques et légitimer une guerre qui n’avait pas lieu d’être. 

C’est un secret de polichinelle, les Étas-Unis ont joué un rôle prépondérant dans la naissance du paramilitarisme en Colombie. En même temps, tous les moyens sont bons pour faire la guerre aux communistes et aux socialistes. Et désormais, ce sont ces mêmes mercenaires qui sont lâchés sur les activistes, car, de la même manière, tous les moyens sont bons pour impulser un développement basé sur le sacro-saint profit. 

Lorsqu’un leader autochtone est assassiné, ce n’est pas seulement un crime contre l’humanité, mais aussi contre l’environnement. En effet, un territoire autochtone s’apparente à une énorme réserve naturelle. Des centaines de milliers d’hectares protégés pour quelques hectares habités. Une bénédiction pour la terre est une malédiction pour l’extraction minière. 

Il y a peu, le gouverneur de la Commission indigène de Tayrona m’a dit : “nous ne nous battons pas seulement pour nous, mais aussi pour vous”. Une phrase lourde de sens et une manière de nous rappeler que la destruction des forêts et des rivières, ici en Colombie, sera une perte pour l’humanité entière. Et pourtant, ces gardiens de la Mère Nature luttent et meurent dans l’indifférence générale. 

La Colombie, tout comme le Brésil, respectivement second et premier pays contenant le plus de biodiversité, sont des zones stratégiques dans la guerre environnementale qui se déroule en ce moment même. Mais tristement, les peuples autochtones, éternels protecteurs de ces paradis naturels, sont laissés à l’agonie, se battant seuls contre tous. Sans notre aide, ils n’y arriveront pas, et sans leur dévouement, toutes nos manifestations, aussi grandes soient-elles, n’auraient aucun sens. 

Ainsi, la prochaine fois que nous descendrons dans la rue n’oublions pas nos camarades qui luttent et meurent pour notre terre. Lorsque nous choisirons une destination pour nos prochaines vacances, n’oublions pas la face cachée des pays que nous visitons. Et lorsque nous nous levons au nom de la justice climatique, faisons-le au nom de tous, et pour tous. 

Nous sommes citoyens d’une terre, d’un monde. Et de la même manière que nos actions non violentes pèsent dans la balance sur un plan national, elles peuvent aussi influer à l’international. 

Il est grand temps d’unir nos voix et nos forces. La guerre est mondiale et notre résistance doit être globale. Il faut agir dès maintenant, car bientôt il sera trop tard. 

Partagez cet article massivement, il faut emmener de la lumière à ceux et celles qui luttent et meurent dans l’ombre.

 

#DuqueVengaAlCauca 

#BoycottTourismInColombia

#MingaCRIC

#MingaSocialSuroccidente

#MingaCRIDEC

#MingaCRIHU

Written by Lucas Taffin

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Protect the ancestral land of Aliwa

This petition will be presented to the Colombian authorities in order to reinforce the case that is being submitted to the Inter-American Commission on Human Rights.
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– https://planeteamazone.org/

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